Le Tuit-tuit et le Papangue

Aujourd’hui vous sera contée l’histoire du Tuit-tuit et du Papangue.

Tard dans une matinée, un insolent Tuit-tuit vint se poser sur la branche sur laquelle le Papangue dormait d’un œil. Il était si léger que le faucon et sa branche ne bougèrent pas.

« Réveille-toi Papangue ! » chanta le Tuit-tuit. « C’est toi qu’on appelle le dragon de ce ciel ? »

Le Papangue ne répondit pas, il ne regardait même pas le petit oiseau. Le Tuit-tuit lui grimpa sur la tête, et y sautilla un peu. « Alors, alors ? C’est toi ? » Le rapace hocha de la tête à en faire tomber le parasite.

Ce dernier continua: « On ne te voit jamais dans ce ciel, j’y vole tout le jour, si un dragon il y a, c’est moi! Tu vas m’écouter, je ne me pose presque jamais, je te survole toujours, je vole même le pain des hommes ! Je ne crains pas les hommes ! Et toi ? Toi, tu les fuis, tu as peur dragon, laisse moi rire ! Tu ne dis rien ? »

Le Papangue ne daignait pas regarder le Tuit-tuit, et cela acheva de mettre le plus petit en colère.

« Dragon, nous allons voler, voler vite et haut, celui qui montera le plus haut sera le véritable dragon, qu’en dis-tu ? »

Sur ces mots le rapace prit son envol. Le Tuit-tuit esquissa un sourire, et s’éleva dans les airs. Lui et son adversaire montaient droit, côte à côte. Aucun ne semblait prendre l’avantage. Le soleil était de plus en plus fort, le Tuit-tuit plissait les yeux, mais ne se laisseraient pas faire. Il dépassa le faucon à l’ascension, si bien qu’il ne voyait plus le Papangue.

« Haha, je t’ai eu ! Je suis le véritable dragon de ces cieux ! » Le Tuit-tuit était si haut qu’il pouvait voir les plages et les montagnes, les villes de l’Homme et les grandes forêts qu’il épargne encore ; il était au dessus des nuages. Il fallait qu’il lutte contre le vent. Il cherchait sous lui son rival, mais il n’y avait rien en dessous. Peut-être au dessus ?

Le Tuit-tuit se retrouva à l’ombre. Il leva la tête, impossible d’y voir avec la lumière du soleil. Mais l’ombre fondit sur lui.

Au sol, la petite carcasse du Tuit-tuit s’écrasa presque sans un bruit. Un rat qui passait par hasard vint se saisir de ce repas tombé du ciel. Mais il s’y brûla les pattes. La carcasse était fumante, carbonisée. Quand au Papangue, il fit du rat son déjeuner.

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