La vie sans fards, M. Condé

Vignette de rubrique : club de lecture #2

L’autrice

Maryse Condé est une autrice guadeloupéenne, à qui l’on a déjà fait une place dans notre galerie de figures ultramarines. Mais pour les nouvelles⋅eaux venu⋅es, un récap : elle a grandi en Guadeloupe dans une famille aisée, voyagé en Afrique dans les années 1960 et 1970, puis a étudié à la Sorbonne, enseigné à l’université de Columbia aux États-Unis. En France, elle a participé à la revue Présence africaine, et présidé le Comité pour la mémoire de l’esclavage, entre autres.

Parmi ses œuvres, on compte : le best-seller en deux tomes Ségou, le plus récent Le fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana, mais aussi Moi, Tituba, sorcière noire de Salem, En attendant la montée des eaux, La belle créole, Les belles ténébreuses, et pleeeeein d’autres. Allez voir la liste, je suis persuadée que vous trouverez quelque chose pour vous.

En quatrième de couverture

Trop souvent les autobiographies deviennent des constructions de fantaisie. Il semble que l’être humain soit tellement désireux de se peindre une existence différente de celle qu’il a vécue, qu’il l’embellit, souvent malgré lui. Il faut donc considérer La Vie sans fards comme une tentative de parler vrai, de rejeter les mythes et les idéalisations flatteuses et faciles.

Voici peut-être le plus universel de mes livres. Il ne s’agit pas seulement d’une Guadeloupéenne tentant de découvrir son identité en Afrique ou de la naissance longue et douloureuse d’une vocation d’écrivain chez un être apparemment peu disposé à le devenir. Il s’agit d’abord et avant tout d’une femme aux prises avec les difficultés de la vie. Elle est confrontée à ce choix capital et toujours actuel : être mère ou exister pour soi seule.

Je pense que La Vie sans fards est surtout la réflexion d’un être humain cherchant à se réaliser pleinement. Mon premier roman s’intitulait En attendant le bonheur, ce livre affirme : il finit toujours par arriver.

Le texte

En exergue du livre, une citation de Sartre : “Vivre ou écrire, il faut choisir.” Un exergue programmatique, car en effet, comme le titre l’indique subtilement, ce qu’on a entre les mains avec La Vie sans fards, c’est l’autobiographie de Maryse Condé, avant sa carrière d’autrice. Elle précise d’ailleurs dès le début les circonstances de son début de carrière :

La principale raison qui explique que j’ai tant tardé à écrire, c’est que j’étais si occupée à vivre douloureusement que je n’avais de loisir pour rien d’autre. En fait je n’ai commencé à écrire que lorsque j’ai eu moins de problèmes et que j’ai pu troquer des drames de papier contre de vrais drames.

Maryse Condé, La Vie sans fards, p. 14 (édition JCLattès, 2012)

C’était seulement ma seconde lecture de Maryse Condé, après Tituba, quelques mois plus tôt, mais j’ai été touchée par son style si particulier. D’ailleurs, pour parler de son utilisation de la langue seulement comme elle veut, Maryse Condé dit qu’elle n’écrit pas en français, mais en Maryse Condé. (C’est la phrase qui m’a conquise pour de bon.)

J’ai trouvé la lecture facile, peut-être grâce au style déployé, mais aussi sûrement grâce au maillage d’événements racontés, de pensées relatées, de réflexions fixées au moment de l’écriture. Tout cela crée un ensemble agréable, et le style, qui n’imite aucunement un style oral (bien au contraire, les passés simples littéraires sont là et comptent bien rester), m’a parfois fait oublier qu’il s’agissait d’une autobiographie. Comme si toutes les (més)aventures de la narratrice me paraissaient si incroyables que justement, j’arrêtais de croire.

J’ai très peur de dévoiler le contenu du livre, alors je vous laisse avec des citations qui m’ont plu, et surtout avec la recommandation de lire ce livre, surtout si vous êtes perdu⋅e dans qui vous êtes/qui vous devriez être, et ce que ça veut dire d’être vous.

Quelques citations

Fondatrice d'Ultramarines, métisse perdue mais en perpétuelle recherche. J'aime le soleil, la mer et les brun⋅es ténébreux⋅ses. Je tente des trucs.

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Une réponse à “La vie sans fards, M. Condé”

  1. […] mois-ci, Maryse Condé et Françoise Vergès (dans l’ordre […]

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