Six semaines par an – prologue

Coucou vous ! Vous vous rappelez quand j’avais parlé du tiraillement existentiel constitutif de chaque ultramarin⋅e, dans un autre bout de récit de ma vie ? Je me dis que continuer c’est bien. Raconter ma vie j’aime bien ‘voyez.

Accrochez-vous à vos sièges et préparez-vous à boire de la menthe à l’eau.

Valise

Dans mon plan de vie bancal, je rentre chez moi tous les deux ans. Cette année, c’est une de ces années. Et c’est tout bizarre, parce que ça me travaille : peut-être que ça s’ajoute à ce moment de tournant de ma vie, mais je n’attends que le moment de prendre le chemin de l’aéroport, de monter dans l’avion, dormir longtemps, mal, et de me réveiller dans la chaleur humide de l’île où j’ai grandi pour voir et/ou entendre la mer comme un point de repère. Je n’ai plus envie de rien, et dans ma tête le silence se fait comme avant le boum dans les bandes-annonces des films d’action quand tout le son descend. Sauf que je ne vais pas exploser (j’espère).

Je le dis à mes ami⋅es, je le crie sur les toits : je rentre ! Je veux rentrer, je veux m’éloigner d’ici, je veux partir de là. Même temporairement. Ça me ronge. Est-ce une pulsion atavique de retour vers mes racines ? J’aime les mots savants, donc oui, probablement.

Et voilà, j’y suis (presque). Après une semaine passée à m’être plaint de ne pas pouvoir franchir le cap symbolique de préparation de ma valise, j’y suis. Tout est là, j’ai ma liste et j’essaie de ne pas emmener toute mon armoire : si on va passer quelques jours dans un chalet au sommet de l’île je prendrai juste un tas de couvertures.

J’ai mon billet, j’ai ma date, j’ai ma valise, j’ai mes projets de vacances dans laquelle j’ai essayé de n’oublier aucun-e ami-e que je devrais absolument revoir. Plein de gens à contacter, apparemment. C’est quand même une épreuve en soi de savoir à qui on manque, et qui on devrait revoir.

La préparation du départ c’est beaucoup de niaiserie, de hâte, de listes, de messages qui demandent des dates. C’est cet état très rare dans lequel on sait que l’on est prêt-e à partir.

Fondatrice d'Ultramarines, métisse perdue mais en perpétuelle recherche, plus-pour-longtemps étudiante en philosophie. J'aime le soleil, la mer et les grand⋅es brun⋅es ténébreux⋅ses.