Six semaines par an – orientation

Chère été,

Ce matin, mon utérus m’a réveillée en se retournant dans tous les sens. Je ne voulais pas un retour/départ folklorique, rempli d’émotions toutes amplifiées et enflammées, mais j’y aurai quand même droit.

C’est mon dernier samedi à La Réunion pour cette année. Lundi, je pars. Lundi, je recommence à me demander sans cesse ce que je fais, où je vais, pourquoi et comment, quel sens j’essaie de donner à tout ça (le tout ça existentiel, m’voyez). Je suis déjà dans l’expectative d’un nouveau drame existentiel qui va m’habiter, me tourmenter et impacter toutes mes décisions jusqu’à (au moins) l’année prochaine. Je le vois arriver, avec ses questions, son vide, toutes les petites niches d’angoisse.

Cette semaine, le bingo de questions n’était pas très varié : “tu en as bien profité ?”. Avec ma demi-assurance habituelle, je marmonne que pour moi oui, pour les autres peut-être pas, dans tous les cas j’ai eu pas mal de frustrations, mais c’était quelque chose que j’attendais. J’ai un peu tiré des leçons de mes vacances : pla-ni-fier. Si je devais en faire une devise, ça donnerait quelque chose comme “planifier, informer, répéter”. Je ne suis qu’à moitié entourée de personnes qui tiennent un agenda solide (je crois).

Je préfère dresser le bilan exhaustif de tout ça une fois toute seule dans la canicule. Ce qui m’occupe dans l’immédiat, c’est la quantification des larmes et l’heure estimée d’arrivée de la vague de questions existentielles qui vont me retomber dessus. Je crois que je les ai laissées quelque part à la douane de l’aéroport.

Je t’avoue que dans mon scénario de vacances, je retrouvais toustes mes ami-es (réel-les, imaginaires, demi-réciproquant-es, qui viennent sur un malentendu) dans une grande fête pour oublier qu’on existe mais se dire aurevoir quand même. Dear Friends concluait la soirée, et là, je me disais que tout irait bien, que dans deux ans, on se retrouverait peut-être, et tout serait suffisamment pas-trop-changé pour qu’on puisse se sentir bien.

So dear friends, si vous avez lu jusque là les chroniques de mes élucubrations, merci. J’ai hâte de vous retrouver, peut-être ailleurs, peut-être ici ; en attendant, la prochaine fois qu’on se retrouvera, via moyen de communication quelconque, j’ai hâte de vous crier

animation d'Adèle chantant "Hello from the other side"
Hello from the other side” d’Adèle, soit “bonjour depuis l’autre côté”

En attendant, si vous me cherchez je serai en train d’essayer de rentrer dans ma valise.

Fondatrice d'Ultramarines, métisse perdue mais en perpétuelle recherche, plus-pour-longtemps étudiante en philosophie. J'aime le soleil, la mer et les grand⋅es brun⋅es ténébreux⋅ses.